Retour accueil "Musée national du château de Pau" Château et collections Henri IV, Histoire et légende Musée, mode d'emploi Actualités Cliquer pour accéder à la boutique Cartes postales
Retour accueil "Musée national du château de Pau"
L'assassinat


 

1610 L'assassinat

 
Assassinat d'Henri IV et arrestation de Ravaillac le 14 mai 1610
Charles-Gustave Housez (1822-1880)
Huile sur toile
H. 1,40 x 1,180 m.
Musée national du château de Pau
 

Le poignard de Ravaillac

14 mai 1610, Henri IV se rend en carrosse à l'Arsenal où réside son ministre Sully, souffrant. Ce jour-là, le roi est indécis, comme sous le coup de sinistres pressentiments. Il a mal dormi. Il faut dire que les astrologues l'ont enjoint de se méfier du mois de mai. L'arbre de mai planté dans le Louvre s'est abattu sans raison et l'on y voit un présage funeste.

Le carrosse royal s'engage dans la rue de la Ferronnerie, ruelle étroite et encombrée d'échoppes. L'escorte et les valets de pied doivent descendre des portières. Un homme en profite pour grimper et frappe le roi par trois fois. Malgré ses paroles rassurantes, "ce n'est rien", Henri IV est mortellement blessé et meurt dès son retour au Louvre. Le dix-huitième attentat perpétré contre sa personne a réussi. L'assassin s''appelle François Ravaillac. C'est un exalté qui a des visions et se sent investi d'une mission, détourner Henri IV de ses projets belliqueux, d'abord par la persuasion, puis devant l'impossibilité d'approcher le roi, par le poignard.

 

 

 
Henri IV part pour la guerre d'Allemagne et confie à la reine le Gouvernement de son royaume
Pierre Paul Rubens (1577-1640)
1621/1625
Huile sur toile
H. 3,94 x L. 2,950 m.
Musée du Louvre

 
 

Une situation politique délicate

Car Henri IV était sur le point de repartir en guerre. A l'origine de ce nouveau conflit, une affaire de succession qui semblait ne pas concerner directement la France : celle de deux duchés allemands, Clèves et Juliers. Mais la position stratégique de ces duchés était primordiale pour les Provinces-Unies protestantes et pour les Habsbourgs catholiques qui tiennent alors l'Espagne, l'Autriche et l'Empire germanique. C'était l'équilibre religieux de l'Europe qui pouvait basculer. A ces raisons politiques, s'ajoutait une affaire de cœur. Le roi avait été touché par la grâce d''une jeune fille d'à peine 15 ans, Charlotte-Marguerite de Montmorency. Il l'avait mariée à Henri de Condé, jeune prince timide et maladroit, dont il espérait faire un mari complaisant. Mais ce dernier, loin d'obéir aux vœux du roi, s'étant exaspéré de ses attentions trop marquées, avait "enlevé" sa nouvelle épouse et trouvé refuge à Bruxelles, chez l'archiduc espagnol. Au-delà du ridicule de la situation, l'affaire était grave, Condé étant un prétendant possible à la couronne de France et l'Espagne pouvant l'utiliser comme tel. La campagne militaire devait avoir lieu au printemps 1610. Avant de partir à la tête de son armée, le roi avait organisé le gouvernement du royaume en son absence : la reine Marie de Médicis assurerait la régence, avec un conseil de quinze membres. Le 13 mai, à la basilique Saint-Denis, elle avait reçu le sacrement du couronnement au cours d'une cérémonie solennelle.

 

 
Henri IV sur son lit de mort
Pierre-Nolasque Bergeret (1782-1863)
Huile sur toile
H. 1,80 x H. 2,60 m.
Musée national du château de Pau (dépôt du musée des Beaux-Arts de Pau)
 

Les sources de la légende

Les circonstances de l'assassinat d'Henri IV par Ravaillac restent obscures : acte d'un personnage isolé et fanatique ou complot impliquant les plus hauts personnages de l'Etat, il est en tout cas l'expression du mécontentement généralisé contre la politique religieuse du roi, sa politique extérieure ou les circonstances économiques. La mort tragique du souverain devait cependant faire taire toutes les critiques contre sa personne et donner libre cours à la légende.

 

 

Cliquez pour accéder à la rubrique