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1593-1594 Paris vaut bien une messe
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Henri IV à la bataille d'Arques (21 septembre 1589) Ecole française (XVIIe siècle) Huile sur bois H. 0,515 x L. 0,670 m. Musée national du château de Pau |
Henri IV à la conquête de son royaume
Paris vaut bien une messe. De tous les bons mots d'un roi auquel on en prête beaucoup, celui-là est sans doute, bien qu'apocryphe, le plus connu et le plus proche de la réalité historique. Quand il succède à son cousin, en 1589, Henri IV peut se qualifier de "roi sans royaume". Un royaume qu'il lui faudra conquérir les armes à la main, car la plupart des catholiques ne veulent pas d'un roi protestant, qui plus est chef politique et militaire des réformés français. Les plus ultras reconnaissent pour roi Charles X, le cardinal Charles de Bourbon, oncle d'Henri IV. Le roi d'Espagne veut faire admettre, en dépit de la loi salique, les droits de sa fille l'infante Claire-Eugénie, dont la mère était une princesse française. Le sort des armes est dans un premier temps favorable au nouveau roi de France, auquel, par loyauté, politique, ou intérêt personnel, un certain nombre de grands seigneurs catholiques se sont ralliés. Deux victoires éclatantes, Arques (septembre 1589) et Ivry (mars 1590) sont remportées contre le nouveau chef des ligueurs, un Guise, Charles de Lorraine, duc de Mayenne. Mais le siège de Paris (mai-septembre 1590), pourtant épouvantable pour la population affamée - il aurait fait 45 000 victimes -, ne permet pas aux partisans du roi de reprendre la capitale. Tour à tour, les troupes royales mettent le siège devant Chartres, Noyon, Rouen, Epernay ou Provins.
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Crucifixion avec la Vierge, saint Jean, Henri IV en costume de
sacre et le Président Jeannin Ecole française (XVIIe siècle) Huile sur toile Musée national du château de Pau |
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Vers la paix civile
Un parti favorable à la paix civile commence toutefois à émerger et peu à peu s'affirme l'idée que seul le changement de religion du roi lui permettra de gagner l'ensemble de son royaume. Henri IV est poussé à cette décision par une partie de son entourage, en particulier la belle Gabrielle d'Estrées, dont il a fait sa maîtresse et qui se verrait bien assise à ses côtés sur le trône de France... Le dimanche 25 juillet 1593, il accomplit enfin ce qu'il a lui-même qualifié de "saut périlleux" : il abjure le protestantisme dans l'église de Saint-Denis, nécropole des rois de France, changeant ainsi de religion pour la sixième fois. Quelques mois plus tard, le 27 février 1594, a lieu la cérémonie du sacre dans la cathédrale de Chartres. Sa conversion et son caractère de roi sacré permettent à Henri IV de se rallier la majorité du Clergé et des catholiques. Quant aux protestants, s'ils sont déçus et inquiets, ils n'entrent pas en rébellion ouverte contre leur ancien chef, qui leur a donné des garanties.
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Henri IV devant Paris Ecole française (XVIIe siècle) Huile sur bois H. 0,412 x L. 0,520 m. Musée national du château de Pau |
Paris ma bonne ville Enfin, le 22 mars 1594, les troupes royales, avec la
complicité du gouverneur de Paris, pénètrent dans
la capitale jusqu'alors aux mains des ligueurs, appuyés par des
troupes espagnoles. Henri IV peut triomphalement faire son entrée
dans sa "bonne ville", entouré de ses partisans et de parisiens
enthousiastes. Fidèle à sa politique de clémence,
il empêche toutes représailles contre la population, pourtant
rebelle pendant des années, et négocie le départ
des soldats étrangers, auquel il assiste en personne, goguenard,
d'une fenêtre de son nouveau palais, le Louvre. Le roi de France
tient enfin sa capitale. Reste à pacifier l'ensemble du royaume... |